08.07.2019

Philippe Brassac : le sport, école de la vie

Comme beaucoup d’entre vous sans doute, j’ai été frappé par la mesure et l’absence de « théâtralité » que les footballeuses de la Coupe du Monde qui vient de s’achever, ont montré à d’immenses publics, dans les stades ou devant les écrans. Une équipe qui gagne dans le strict respect des règles et avec humilité : c’est une belle école de la vie.

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Oui, le sport est une magnifique école de la vie. De la vie personnelle, de la vie professionnelle, de la vie des affaires. Les valeurs et les qualités qui y sont attachées sont multiples : lucidité, combativité, ambition, réactivité, sens du collectif, esprit de décision, respect de l’adversaire et des règles, humilité, effort, dépassement de soi, opiniâtreté, discipline…

Cette école de la vie permet à chacune et à chacun de donner le meilleur de soi-même, de se construire, de s’épanouir. Il n’y a pas d’origine, pas d’âge, pas de sexe, pas de statut social pour tirer le plein bénéfice de cette école qui est vraiment pour toutes et pour tous. Un bénéfice individuel mais aussi collectif, le sport étant un incontestable facteur d’amélioration du vivre ensemble.

Pratiquant le judo depuis plus de 40 ans, je sais tout ce que je dois au sport, y compris dans ma vie professionnelle et dans mes responsabilités de dirigeant d’entreprise. J’y ai appris cette obligation de respect, de maitrise de soi, d’empathie par rapport aux autres … et, in fine, d’humilité.

Le respect tout d’abord. Le judo est un sport de combat, un équilibre de violence et de respect. Sur un tatami, on se salue, aussi bien avant qu’après le combat. On respecte l’adversaire, car c’est avant tout un partenaire. Dans les affaires, il n’y a pas de meilleure règle, car nous avons toujours besoin de la confiance des autres. La Loyauté est un mot magnifique.

Une autre valeur tout aussi cardinale : l’humilité. Au judo, vous êtes à tout moment tout aussi près d’une victoire par Ipon … que d’une énorme gamelle que vous n’avez pas vu venir. Un dirigeant doit avoir l’humilité de savoir que la vie est ainsi faite : la victoire flirte avec la défaite à tout instant, et ce qui peut faire pencher la balance de son côté est loin de se résumer à son seul talent : un judoka n’existe pas sans les professeurs qui l’ont formé sur le plan théorique, et les partenaires qui lui ont tout appris sur le plan pratique. Un dirigeant n’est rien sans l’histoire passée et future de son entreprise, il n’est rien sans l’immense valeur qui a été créée par ses prédécesseurs et leurs équipes.

Enfin, le sport, c’est aussi l’opiniâtreté. Faire du sport c’est s’entraîner, progresser, apprendre à tomber puis à se relever : on ne naît pas champion, on le devient.

Les erreurs et les échecs sont les meilleurs professeurs : nous devrions en tenir beaucoup plus compte dans nos entreprises. Celui qui ne fait pas d’erreur n’a probablement jamais tenté de sortir de sa zone de maîtrise. L’innovation suppose par nature l’acceptation de l’échec.

Saluer un adversaire que nous venons de battre, c’est aussi reconnaître qu’il est probablement devenu plus fort.

Philippe Brassac

Directeur général de Crédit Agricole S.A. Philippe Brassac est Directeur général de Crédit Agricole S.A. depuis le 20 mai 2015, membre du Comité exécutif de Crédit Agricole S.A. Philippe Brassac est entré au Crédit Agricole du Gard en 1982, où il a notamment été directeur ...