10.10.2017

Philippe Brassac : Banques et fintechs, nous avons tant à faire ensemble !

Ne nions pas la réalité. La méfiance, voire la défiance, ont réciproquement régné dans les relations entre les banques et les fintechs. Heureusement, cela appartient au passé. Au bénéfice de tous, la confiance mutuelle s’est installée. Chacun a compris les bienfaits d’une collaboration gagnante / gagnante et elle porte déjà ses fruits.

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Des relations fructueuses pour les deux partenaires

Dorénavant, fintechs et banques ne se perçoivent plus mutuellement comme prédateurs en puissance mais comme potentiels partenaires qui peuvent nouer de manière féconde trois grands types de relations : des rapports d’affaires classiques, de client à fournisseur ; des liens capitalistiques stratégiques; et des partenariats tournés vers l’innovation autour de notre cœur d’activité.

Ces trois types de relations sont bénéfiques pour les deux parties. Les fintechs trouvent des moyens de financer leur développement, d’accéder à des marchés qui leur seraient pour longtemps inaccessibles, de pourvoir s’appuyer sur l’expérience et la sécurité des grandes institutions bancaires. Les banques peuvent élargir leur offre, gagner en attractivité et profiter de la stimulation des jeunes pousses pour accélérer leur propre transformation digitale.

Évidemment, tout n’est pas transposable entre la puissance d’une banque universelle de proximité et la rapidité d’une jeune pousse ne comptant que quelques collaborateurs. Mais les champs prometteurs de développement sont immenses, à commencer par la blockchain, mais aussi l’intelligence artificielle qui n’a pas vocation à suppléer l’humain mais pourra contribuer à élargir encore les capacités à délivrer le meilleur conseil, qui est notre force.

S’enrichir sans arrière-pensée des différences de l'autre

La maturité atteinte par les relations entre ces deux familles d’acteurs se mesure à un fait tout simple que l’on peut aisément observer : désormais, quand un grand groupe bancaire investit dans une fintech, il prend bien soin de laisser les fondateurs aux commandes sans chercher à imposer ses propres standards. C’est la voie de la sagesse, car c’est ainsi que l’institution va pouvoir utiliser pleinement cette dynamique, voire aller jusqu’à confier à la fintech des pans d’activité auparavant internalisés.

Des deux côtés cela signifie oser s’enrichir sans arrière-pensée de nos différences pour trouver ensemble les meilleures synergies reposant à la fois sur la puissance d’un groupe et l’agilité d’une start-up.

Saisir les potentiels d’une exceptionnelle dynamique

Pour nous, établissements bancaires, cela signifie avoir la sagesse de ne pas vouloir imposer des règles qui entraveraient quelque chose qui fonctionne bien et d’accepter d’en passer par un changement de culture. Cela mérite une impulsion venant du sommet de l’entreprise : les dirigeants doivent accepter que la prise de risque soit mieux valorisée pour raccourcir les processus de décision ; que l’audace de transgresser certains protocoles considérés comme intangibles soit comprise; que l’intrapreneuriat soit encouragé ; que les collaborateurs soient activement impliqués dans les projets ; que l’erreur soit mieux acceptée.

Si la France a vocation à devenir une nation de start-up, nous avons toutes les raisons de nous inscrire résolument dans cette exceptionnelle dynamique d’ouverture et d’en saisir tous les potentiels.

Philippe Brassac

Directeur général de Crédit Agricole S.A. Philippe Brassac est Directeur général de Crédit Agricole S.A. depuis le 20 mai 2015, membre du Comité exécutif de Crédit Agricole S.A. Philippe Brassac est entré au Crédit Agricole du Gard en 1982, où il a notamment été directeur ...