21.11.2017

Frédéric Thomas : Pourquoi l’assurance doit faire peau neuve ?

Dans un contexte économique compliqué et un monde de plus en plus digitalisé, les modèles traditionnels de l’assurance n’ont d’autre choix que d’évoluer pour s’adapter aux nouveaux usages et aux nouvelles attentes des clients.

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Revisiter l’assurance vie, une nécessité

Au premier plan des produits d’assurance qui doivent se remettre en cause, je pense à l’assurance vie. Au-delà de la baisse effective des taux de rémunération, elle reste un produit de qualité apprécié de nombreux français. Pas question donc de la supprimer ! Mais il me semble en revanche nécessaire de réétudier sa stratégie de placement en y incluant des actifs plus dynamiques mais sécurisés, qui offrent une rentabilité supérieure aux supports traditionnels comme le fonds euros. C’est par exemple ce que proposent les fonds croissance/ Euro-croissance en lesquels je crois beaucoup.

Ma conviction est que nous allons vers toujours plus de personnalisation. Nous devons proposer des solutions adaptées à chaque client en fonction de son profil, de son appétence au risque et de ses projets. Dans cette logique de personnalisation, la dimension de conseil est essentielle - et ce même après la souscription d’un contrat. Les clients doivent être en mesure de choisir l’accompagnement qui leur convient le mieux : gérer eux-mêmes leur patrimoine avec l’aide de conseillers, ou leur en déléguer complètement la gestion.

De nouvelles attentes et de nouveaux comportements

Au-delà de l’assurance-vie et parmi les nouvelles attentes qui ont émergé ces dernières années envers les assureurs, j’observe une véritable demande de transparence, de proximité et de réactivité dans le traitement des sinistres. A ce titre, l’e-constat va dans le bon sens, puisqu’il permet de déclarer un sinistre depuis son smartphone. Le client peut par exemple prendre lui-même des photos de sa voiture accidentée et les transmettre en quelques clics. Cette nouvelle forme de communication simplifie la vie de l’assuré et crée une relation de confiance avec l’assureur.

A ces nouvelles attentes s’ajoutent de nouveaux comportements. Je pense notamment à l’économie collaborative, qui transforme profondément les secteurs de l’immobilier et de l’automobile. Le covoiturage en est un bon exemple. Plus économique et écologique, il entre progressivement dans le quotidien des Français - et par conséquent dans celui des assureurs ! Accompagner ces changements, c’est prévenir et couvrir de nouveaux risques, en proposant des contrats qui assurent à la fois les covoiturés et les propriétaires de véhicules.

Datas et IA, futurs nerfs de la guerre ?

En facilitant la collecte de données, les objets connectés ouvrent de nouveaux champs de réflexion sur la personnalisation des offres. Je suis convaincu que les nouvelles technologies utilisées à bon escient nous permettront d’aller plus loin dans l’adéquation des offres avec les besoins des clients. Nous sommes entrés dans une logique d’expérimentation constante et nous suivons avec beaucoup d’attention le développement de l’intelligence artificielle.

Face à la concurrence, plus d’humain et de conseil 

Face à ces changements, nous devons innover si nous ne voulons pas perdre du terrain. Les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ne suscitent pour l’instant pas d’inquiétude particulière dans le domaine de l’assurance vie, mais ils pourraient se positionner, à terme, sur l’assurance dommages. Leur capacité à faire parler les données constituerait en effet un avantage certain dans l’identification des risques.

Malgré l’offre multiforme existante, les clients restent profondément attachés à l’humain et au conseil. Dans un paysage qui se redéfinit, l’essentiel est, selon moi,  de cultiver la loyauté en créant une vraie relation de confiance et de proximité avec les clients sur la durée. Et, même si son environnement réglementaire et fiscal semble bouleversé actuellement, notamment par la récente entrée en vigueur de la flat tax, l’assurance vie garde ses spécificités de placement de long terme, utile pour faire fructifier un capital et accompagner les clients dans leur projet de vie, tout en leur permettant de préparer leur transmission et leur succession. 

Frédéric Thomas

Directeur général de Crédit Agricole Assurances Depuis septembre 2015, Frédéric Thomas est Directeur général de Crédit Agricole Assurances et Directeur général de Predica. Il est membre du Comité exécutif de Crédit Agricole S.A. Frédéric Thomas débute son parcours au sein d ...