15-06-2020

Opinions

Philippe Brassac : Ne renonçons pas à réussir

La pire des récessions depuis un siècle ? Ou un trou d’air d’une certaine façon artificiel, puisque volontairement déclenché ? En réalité les mots que nous utilisons influencent nos anticipations et donc orientent l’avenir.  Alors, à quoi avons-nous vraiment affaire ?

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Philippe Brassac : Ne renonçons pas à réussir

Restons-en aux faits :

  •  Un arrêt volontaire de l’activité économique pour raison sanitaire.
  • Une opération de “portage” des entreprises de l’avant vers l’après.
  • Et pour cela, une mobilisation inédite de ressources : une liquidité illimitée auprès de la BCE ; des Prêts garantis par L’État, en quantité quasi inépuisable ; et enfin une prise en charge des salaires pendant la période du confinement.
  • Le tout, en synchrone, un peu partout dans le monde, réduisant ainsi le risque de déplacements de parts de marché, et permettant surtout aux États de refinancer leur surcroît de dettes par des interventions non conventionnelles de leur banque centrale.

Les incertitudes d’exécution d’un tel scénario ne doivent pas occulter sa lisibilité et donc sa maîtrisabilité globale. Cette crise est bien à la fois une des plus brutales que nous ayons jamais connues par son ampleur, et en même temps une des moins complexes, car nous connaissons le chemin, et nous disposons des outils.

Alors ? Cet impact violent sur le PIB, causé par le confinement, se révèlera-t-il n’être qu’un choc technique, sans précédent dans son ampleur, mais en fin de compte seulement ponctuel ? Ou bien sera-t-il le point de départ d’un processus de récession économique, alimenté dès lors par de multiples facteurs, longs et coûteux à corriger ?

La réalité, c’est qu’il n’y a pas de réponse possible à cette question : non parce qu’elle est trop complexe, mais parce que tout dépend de ce que nous allons penser, de ce que nous allons décider et de ce que nous allons faire.

Le temps n’est pas aux projections économétriques, le temps est à l’action. Et pour gagner une partie, il faut la jouer. Collectivement et jusqu’au bout.

 Il faut d’abord que la partition soit la même pour tous :

  • Avec des leaders d’opinion qui pèsent leurs mots à l’aune de leurs conséquences auto-réalisatrices : un impact de 10 % sur le PIB c’est un constat, une récession économique c’est un processus.
  • Avec des ménages qui n’hésitent pas à consommer : difficiles pour eux s’ils sont à tout instant prévenus que le chômage va exploser.
  • Avec des chefs d’entreprise qui ne se sentent pas contraints de réduire la voilure des emplois pour affronter cette récession.
  • Avec des superviseurs qui ne demandent pas aux banques, via des règles comptables absurdes, de provisionner dès à présent les risques des dix prochaines années. Le diable n’est pas toujours que dans les détails, il est aussi dans les états d’esprit.
  • Avec des banques, soulagées de la partie procyclique de leur fardeau prudentiel, qui prennent plus que jamais les risques nécessaires pour donner une chance au plus grand nombre.

Le tout, non pas pour jouer une partition bravache face à l’adversité, mais tout simplement pour contrer cette adversité. Jouer la partie jusqu’au bout, c’est aussi aller plus loin pour soutenir les secteurs plus structurellement touchés. C’est également mettre en œuvre des dispositifs de renforcement des fonds propres pour les entreprises qui sortiront affaiblies par cette crise, car il est indispensable de restaurer à plus long terme leurs capacités d’investissement. Les banques s’engageront à nouveau sur ce volet : aux côtés de L’État s’il décidait d’intervenir à l’échelle nationale, mais aussi via leurs propres dispositifs pour coller à la granularité de l’économie, dans les territoires et en proximité. Dans les sports de combat, il y a toujours un moment où vous pensez avoir déjà tout donné, où la fatigue peut vous faire percevoir le renoncement comme un possible soulagement. Pour l’emporter, il faut alors fournir un supplément d’effort et surtout assurer la cohérence du mental avec chacun de nos gestes. Cette crise n’est vraiment pas comme les autres. Le choix n’est pas celui de l’attitude à tenir, entre pessimisme ou optimiste, car le meilleur comme le pire sont encore possibles.

Simplement, à l’intersection décisive de la confiance collective, choisissons le chemin de la réussite. Et c’est maintenant.

Adoption de la plateforme de certification blockchain de Wiztopic
Dans le but de sécuriser sa communication, le Groupe Credit Agricole certifie ses documents avec Wiztrust depuis le 20 Février 2020. Vous pouvez en vérifier l'authenticité sur le site wiztrust.com.

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