24.10.2018

Élections américaines de mi-mandat : un changement de cap ?

Les élections de mi-mandat américaines devraient déboucher sur un changement de cap à Washington en plaçant des obstacles sur l’agenda politique et économique de Donald Trump. L’hostilité de la Chambre va certainement se manifester sur de multiples fronts. Cet article dresse un état des lieux à l’approche des élections du 6 novembre, suivi d’une analyse des implications pour l'économie et les marchés.
Mike Carey, économiste en chef aux États-Unis analyse la situation et les scenarios probables.

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  • Dans cette dernière ligne droite de la campagne, les sondages révèlent que le Parti Démocrate dispose d’une probabilité raisonnablement élevée d’obtenir plus de 23 nouveaux sièges, devenant ainsi majoritaire à la Chambre des Représentants.
  • Les Républicains pourraient conserver leur très faible majorité au Sénat, car les membres fragilisés du parti candidats à la réélection sont moins nombreux dans ce cycle électoral. Plusieurs analyses du vote du Sénat donnent une plus grande probabilité de victoire aux Républicains.
  • D’un point de vue législatif, les programmes partisans, qui doivent recueillir l’approbation de la Chambre, du Sénat et du Président, ont peu de chances d’aboutir compte tenu des clivages du gouvernement. Pour le Congrès, la trajectoire des dépenses en 2019 sera donc probablement inchangée par rapport aux plafonds budgétaires actuels.
  • La Chambre tombée aux mains de l’opposition devrait mobiliser une grosse partie de l’attention du gouvernement avec des enquêtes et assignations sur les pratiques et l’agenda politique de l’Administration. À supposer que le Sénat reste sous contrôle républicain, Donald Trump continuera d’avoir le champ libre pour remplacer les postes vacants à la Fed et à la Cour suprême.

L’heure d’affronter les urnes
La Chambre des Représentants (435 sièges) est renouvelée tous les deux ans à l’occasion d'élections se situant au milieu du mandat de 4 ans du Président. Ce 6 novembre 2018, 1/3 des sièges du Sénat (35 sur 100) seront également remis en jeu.
Actuellement, les Républicains contrôlent les deux chambres du Congrès. Début septembre, la majorité républicaine de la Chambre des Représentants disposait de 236 sièges, contre 193 pour les Démocrates et 6 vacants. Pour prendre le contrôle de la Chambre, les Démocrates doivent donc remporter au minimum 23 sièges supplémentaires.
Au Sénat, les Républicains disposent de 51 sièges contre 49 pour le caucus démocrate, qui se compose de 47 sénateurs démocrates plus les indépendants Bernie Sanders et Angus King. Pour gagner, les Démocrates auront besoin de 2 nouveaux sièges (1 seul siège en plus donnerait lieu à une égalité 50/50 où le Vice-Président serait appelé à trancher si nécessaire).
Les sondages actuels prédisent une victoire des Démocrates à la Chambre des représentants
Dans cette dernière ligne droite de la campagne, les sondages et l’historique des précédentes élections révèlent que le Parti Démocrate dispose d’une probabilité raisonnablement élevée d’obtenir plus de 23 nouveaux sièges, devenant ainsi majoritaire à la Chambre des Représentants.
En effet, le parti présidentiel a tendance à perdre des sièges à la Chambre lors des élections de mi-mandat, dans des proportions corrélées à la popularité du Président. Pour les citoyens, les élections sont l’occasion d’exprimer leur point de vue sur l’efficacité du locataire de la Maison Blanche deux ans après le début de son mandat. Selon l’institut Gallup, depuis 1946, les Présidents bénéficiant d’une cote de popularité inférieure à 50 % ont vu leurs partis abandonner en moyenne 36 sièges à la Chambre. Même les partis des Présidents dont la cote de popularité dépassait 50 % ont perdu des sièges (en moyenne 14), à deux exceptions près : Bill Clinton en 1998 et George W. Bush en 2002, chacun disposant d'une cote de popularité de plus de 60%.

 

Isabelle Job-Bazille

Le 1er février 2013, Isabelle Job-Bazille est nommée Directeur des Etudes Economiques du groupe Crédit Agricole S.A. Isabelle Job-Bazille a débuté sa carrière chez Paribas en 1997 comme Analyste risque-pays en charge de la zone Moyen-Orient-Afrique. Elle a rejoint Crédit Agricol ...