18.11.2015

Crédit Agricole S.A. publie la troisième édition de l’Observatoire financier des Industries Agroalimentaires (IAA)

L’observatoire financier des entreprises agroalimentaires met en évidence les principales tendances du secteur et leur évolution sur cinq ans (2010 -2014).

Cette étude unique sur le marché français a pu être réalisée grâce à la position et à l’expertise du Crédit Agricole sur le marché des entreprises agroalimentaires. L’Observatoire reprend l’évolution des principaux agrégats : activité, marges, rentabilité, endettement et capacité à investir.

L’échantillon de l’étude totalise 171 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il est composé d’entreprises et groupes des Industries Agroalimentaires dont le chiffre d’affaires est supérieur à 2 millions d’euros, hors tabac, boissons non alcoolisées et entreprises exclusivement de négoce. Les données analysées sont issues des bilans comptables 2014.

 

PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

 

Le tassement de la rentabilité amorcé en 2012 s’est poursuivi en 2014 : il concerne la plupart des filières et métiers de l’industrie agroalimentaire.

 

Des facteurs conjoncturels expliquent une partie de la baisse de rentabilité : rendements et qualité moindres des vins de Bordeaux, intempéries limitant des productions de fruits et légumes, décisions politiques (embargo russe, directive chinoise). De surcroît, les volatilités des marchés mondiaux amplifient la difficulté à gérer les marges : fluctuations à l’échelle mondiale des prix des céréales, du sucre et des produits industriels laitiers, du porc en Europe, auxquelles s’ajoutent les variations de parités monétaires.

 

Les surcapacités industrielles et/ou le niveau de compétitivité expliquent également le faible niveau de rentabilité dans quelques métiers malgré l’allégement des charges apporté par le CICE : Abattage (EBITDA/CA = 2,6 %), Volailles hors Leaders (2,8 %), PGC Lait (5,4 %).

 

Une minorité d’entreprises Leaders Champagne et Spiritueux dégagent une rentabilité nettement supérieure à la moyenne des autres IAA (EBITDA/CA = 23,2 %), en large partie grâce à leur activité à l’international et à leurs marques renommées.

 

40 % des grandes entreprises dégagent une rentabilité faible (EBITDA/CA < 3 %), majoritairement dans les filières Métiers du grain et Viandes.

 

A contrario, les petites entreprises, prises globalement, tirent leur épingle du jeu avec un ratio autour de 6 %, stable depuis 5 ans grâce à leur production « de terroir » et/ou un service de proximité.

 

Depuis 3 ans, les IAA investissent à un rythme moins soutenu que précédemment : l’équivalent de 18 % de la valeur ajoutée de l’année vs 31 % sur la période 2009-2011, qui avait connu des opérations importantes de croissance externe. Actuellement, la dynamique est portée par la filière Métiers du grain, qui réalise un quart des investissements de l’ensemble des IAA. A contrario, les difficultés de la filière Viandes se reflètent par un niveau d’investissement ralenti (12 % de sa VA) et concentré sur quelques entreprises.

 

La structure financière des IAA est globalement équilibrée, avec une capacité théorique de désendettement inférieure à 4 années d’EBITDA. Un quart des entreprises présentent un ratio Dettes financières/EBITDA dégradé (> 10 années). Toutefois une majorité d’entre elles (60 %) sont issues de la filière Vins & Spiritueux, qui porte des stocks importants et en hausse en 2014 (263 jours de CA, + 21 jours).

 

Le profil de risque des IAA s’améliore légèrement en 2014, avec 46 % des entreprises qualifiées en « risque faible » (vs 43 % en 2013) et 11 % en « risque fort ». Le nombre d’entreprises dont le résultat net est en perte baisse de 6 %, pour un déficit cumulé légèrement plus important (+ 7 %) et plus concentré (5 entreprises = 50 % déficit).

 

FOCUS 

 

Les entreprises de la filière Viandes

La médiatisation des difficultés de la filière porcine au cours de l’été 2015 a porté sur la place publique les fragilités de l’Abattage : pour la première fois, en 2014 son chiffre d’affaires est en recul. L’amélioration de la rentabilité doit être considérée avec prudence étant donné son caractère conjoncturel.

 

 

Les entreprises de la filière Lait

En 2014, le chiffre d’affaires de la filière Lait continue à progresser, à un rythme moins soutenu que les années passées : +2,4% vs +10% en moyenne sur la période 2009-2013. Cette évolution modeste mais positive s’inscrit dans un contexte en demi-teinte, précédant la fin du système européen des quotas laitiers.

 

Les entreprises de la filière Vins

Le niveau historiquement faible de la vendange 2013 a réduit les disponibilités dans la quasi-totalité des bassins viticoles et affecté la qualité de certaines appellations. L’Aquitaine, notamment, enregistre une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires après une récolte 2012 déjà faible.

 

L’observatoire financier des IAA est disponible sur simple demande auprès du service de presse